Le financement bancaire de notre boutique : notre expérience et nos apprentissages

Après avoir trouvé notre local, il nous est apparu évident de financer notre fonds de commerce et travaux par un emprunt bancaire pour garder la pleine propriété de notre entreprise (contrairement à une levée de fonds). Mais si nous partageons aujourd’hui cet article, c'est que malgré un apport de plus de 30%, la recherche des fonds bancaires s’est avérée beaucoup plus complexe qu’on ne le pensait. Voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté.

Demande de financement bancaire

Anticipez au maximum car la plupart des banques ont une organisation qui les rend très très lentes

Les banques vont toutes vous demander la signature de la promesse de bail pour enclencher les démarches. Dès que vous aurez la date prévisionnelle de votre signature, prenez déjà rendez-vous avec plusieurs banques dans la semaine qui suit (certaines banques sont très occupées elles vont vous accorder un rendez-vous deux semaines après). Essayez aussi de prendre rendez-vous avec des banques comme le Crédit Mutuel ou le Crédit du Nord, ce sont des banques qui ont des antennes autonomes, ce qui est gage de réactivité.

Si vous êtes une jeune entreprise ou “public prioritaire”, prenez également rendez-vous avec le PIE qui finance certains projets à taux 0 en complément des banques traditionnelles.

Soyez malins et anticipez également au maximum la constitution de votre dossier, même en amont d’avoir trouvé votre local. Car pour notre part, entre la première visite du local avec l’agente immobilière et la remise des clés, il s’est écoulé 4 mois pleins (qui nous ont paru une éternité, je pense que nous sommes un peu impatients :)).

Il faut généralement les éléments suivants :
  • Présentation du projet et du besoin de financement 
  • CV et justificatifs relatifs au porteur du projet ( relevé d’impôt, justificatif de domicile, pièce d’identité). 
  • Relevés de comptes perso et pro
  • Justificatif du CA et statuts juridiques de l’entreprise
  • Prévisionnel d’activité.

Faites-vous accompagner d’un bon expert-comptable

Le prévisionnel d’activité sur trois ans est un document certifié par votre comptable. Votre comptable peut vous aider à le construire à partir d’hypothèses de marché et de votre historique. Si vous ne vous sentez pas capable sur cette partie, faites-vous accompagner d’un courtier. Nous avons retravaillé ce document plus de dix fois pour satisfaire les exigences des banques. Et donc on vous donne tout de suite les erreurs à ne pas commettre : 
  • Ne pas être trop ambitieux et surestimer son chiffre d’affaires

Contrairement à certains investisseurs privés qui vont se concentrer sur la potentielle rentabilité et voir comment la maximiser, les banques sont des acteurs frileux et rationnels. Il faut que vos prévisions soient extrêmement conservatrices.
  • Être clair, synthétique et cohérent

Par exemple, si vous êtes plusieurs dans le projet intégrez plusieurs rémunérations, essayez de simplifier la logique de votre chiffre d'affaires ( il vaut mieux être globalement dans le vrai que précisément dans le faux), prenez en compte toutes les charges qui puissent exister, etc.
  • Intégrer la CAF dans votre prévisionnel, indicateur clé regardé par les banques.

La CAF est un indicateur qui traduit la capacité d’autofinancement. Elle doit être légèrement supérieure à la somme annuelle de vos mensualités d’emprunts car la banque s’assure que vous soyez capable de rembourser deux fois vos mensualités avec votre projet. Par exemple, si vous remboursez 1500 euros par mois, votre CAF devra être égale à 18000 euros. Si la CAF est trop élevée, la banque peut revoir à la baisse son prêt donc c’est un jeu d’équilibriste.

Préparez vos rendez-vous comme des entretiens d’embauche

C’est aussi l’énergie et le professionnalisme que vous allez dégager qui vont faire la différence. Pour nos premiers rendez-vous, nous sommes venus la fleur au fusil sans connaître tout notre prévisionnel (hypothèses derrière etc.) et avec un dossier incomplet… Bref pas l’idéal ! Ce qui a sans doute contribué à notre premier refus de financement. Donc on vous conseille d’anticiper les questions et de bien connaître les réponses. Enfin il ne faut pas oublier que c’est une super occasion de pitcher et de convaincre de la valeur de votre aventure entrepreneuriale ! Nous avons eu un très bon contact lors de nos rendez-vous avec notre conseillère de l'agence Bastille du Crédit Mutuel, et c'est d'ailleurs avec cette banque que nous avançons.

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